Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 12:32

Ils avancent et pénètrent avec un clapotis vaseux dans l'eau glacée du fleuve, l'onde sombre calme comme endormie semblant attendre le moment propice pour les engloutir, pour soulever ses amples ailes liquides et fondre sur eux comme elle l'a déjà fait de nombreuses fois, comme elle le fera encore, comme elle le fera toujours... Elle n'a rien réclamé, n'a rien demandé, eux seuls se sont concertés, eux seuls ont décidé de ce sacrifice, la dompter, la contraindre, l'apaiser ne leur est même pas venu à l'esprit! La peur les gouverne, la terreur les emprisonne, les force à donner ce qu'ils ont de plus cher pour qu'elle ne dévore plus, qu'elle ne montre plus sa face de cauchemar, qu'elle ne broie plus, qu'elle ne déchiquète plus les pêcheurs comme s'ils n'étaient que du gibier à profusion, la bête sans nom mange l'homme qui mange le poisson, bientôt nous pourrirons tous au fond du fleuve! Leur peur empêche le jugement, il en a été décidé ainsi. Chaque lune pleine voit cet étrange cortège inlassable, ils portent à bout de bras au-dessus de leurs têtes vides où juste le désespoir gouverne ces jeunes filles vierges et immaculées empreintes et habitées du seul espoir que tout prenne fin avec leur sacrifice, elles se croient les messagères, elles se croient les dernières et à chaque pleine lune une nouvelle prend sa place ignorante qu'une autre viendra... Décimation, désolation... Ils me l'enlèvent, l'emmènent sur ce radeau glissant, l'attachent au pilori, le vent soulève sa chevelure couleur de miel, sa longue chemise blanche poussée par le vent devient impudique en couvrant son corps nubile aux formes rares et pures, elle est belle à en mourir, elle est belle et va mourir et je ne pourrais rien faire pour la sauver, ils m'ont attaché tel Ulysse à son mat contre le tronc rugueux d'un chêne, impuissant, je les invective, j'hurle à en étouffer, je tends tout mon être vers elle, vers eux, mon impuissance n'a d'égale que leur indifférence, ils exécutent ce que le chef leur a dit, ils ploient sous les croyances ignobles d'un seul homme, ils tuent les yeux embués des larmes des veuves, des orphelins et de leurs propres destins. Ils tuent, ils sacrifient, ils punissent le clan de leur bêtise. Infamie et putréfaction... Je les maudis, je les abomine. Laureleî au front blanc auréolée de la seule gloire de mourir pour le bien de tous, Laureleï mon aimée va mourir ce soir!.... Laureleï aveuglée par cet espoir fou qu'elle n'a plus pour elle, mais pour moi, pour nous tous, Laureleï sourit les yeux clos sous un bandeau immaculé flottant au vent...

Je crie son nom à la pénombre, à la multitude, aux astres défilant sur nous, aux arbres, à la forêt, aux animaux, aux flots impavides qui bientôt se soulèveront dès lors qu'ils commenceront à battre tambour pour l'avertir que l'heure du festin est arrivé...

La bête alors surgira des profondeurs du fleuve, oui elle surgira comme toujours! Elle montrera sa face grimaçante, ses lèvres retroussées sur une horrible rangée de dents acérées comme des aiguilles, elle nous montrera l'horreur, elle nous fera courir en tout sens affolés éperdus criant s'écrasant mutuellement, la panique prendra corps comme une marée humaine, les bourreaux se pareront de leurs bras, voileront leurs faces, tiendront-ils devant la majesté répugnante monstrueuse de cette chose sortie d'on ne sait où pour y retourner dès qu'elle aura dévoré ma Laureleï? Elle criera comme les précédentes, de surprise, d'effroi et de souffrance ensuite! On entendra chaque os se broyer, on entendra le bruit de succion horrible qu'elle fait à chaque fois, on fermera les yeux, on se bouchera les oreilles.... Mais moi je ne le pourrais pas! Deviendrais-je fou de douleur, de peur, de l'indescriptible vision reviendrais-je?

Mes liens me scient les poignées, mes épaules me font souffrir, mon cri devient une plainte, un murmure alors que les tambours entonnent leur appel...

Par Qu'importe - Publié dans : Sujet de conversation plus ou moins intéressant - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 17:22

Oui je te réponds public aimant (non pas du tout! je n'ai absolument pas pris la grosse tête! que nenni! jamais de la vie!) Oui, je suis à ton écoute, dressant l'oreille et la main par la même dans un salut impérial, et je te les tends, la main et l'oreille. Toute ouïe, toutes mains ouvertes je te livre, oui à toi! Lecteur affamé, et par le fait pas trop regardant, le résumé de mon premier et je l'espère pas le dernier, opus.

 

4eme de couv' :

William est de ces hommes qui traversent la vie sans trop se poser de question, mais un jour tout change, de désinvoltures en mésaventures, il dev

ra remettre beaucoup de choses en question.

De ses erreurs passées, de ses défections, de ses lâchetés, de ses secrets, de ses blessures enfouies surgira ce qu'il n'attendait pas...

Son jumeau maléfique, son double négatif, sa copie conforme aliénée et aliénante le poursuit, le hante, l'obsède...

Jusqu'où peut-il aller? Jusqu'à quelles extrémités est-il prêt à se corrompre? William à son corps défendant se retrouve entrainé dans une aventure hors du commun, hors des sens, hors de lui...

 

Voilà lecteur aimé et choyé, petit veinard va!*

 

*Pour ceux que la fée "humour" n'aurait pas gâtés, je plaisante.

On peut commenter directement ou sinon j'ai un site (vachement moins drôle!).

http://malvina-vouillerot.e-monsite.com/

Par Qu'importe - Publié dans : billets d'humeur - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 22:54

Ca se prècise méchamment cette histoire!...

Je commence à me poser les questions existentielles hyper profondes que l'on se pose toujours dans ces moments là, et d'autres d'ailleurs.

Mais que vais-je mettre?...

Sur moi d'abord, sur le papier ensuite...

Pourvu qu'il n'y ai pas trop de brouhaha parce qu'étant sourde ou plus très loin en tout cas, je vais rien capter, pour peu que je tombe sur un timide qui bredouille...

Holàlà mais que vais-je bien pouvoir enfiler comme tenue?

Hyper existentielle comme question!

Pourvu que mon stylo fétiche ne me fasse pas des siennes comme l'autre jour où je me suis pavanée toute la journée ou presque avec de très beaux grains de beauté bleus sur la figure, bizarrement aucune âme charitable pour m'avertir .

 

Je vois bien la pauvre victime s'approcher de moi, son livre dûment payé, me le tendre, moi lui sourire, saisir l'objet, l'ouvrir à la page de garde et apposer ma signature sous une dédicace du genre :

Pour Josette à qui je souhaite une bonne lecture! alors que sa voix couverte par le bruit d'un camion dans la rue me dictait consciencieusement : Vous mettrez pour Yvette bon rétablissement pour ta fracture.

Ca change tout, ça madame!

Je la vois bien cette victime hésitant entre me balancer mon livre en pleine figure ou se diriger vers la libraire pour se faire rembourser.

 

Comment ne pas m'imaginer, seule et apprétée comme pour le bal des débutantes, seule désèspérement seule avec ma pile d'ouvrages, souriante en sentant mon petit coeur se déchirer à chaque personne s'arrêtant quelques instants devant moi et repartant en m'ignorant superbement, l'horreur...

 

Plus j'y réflêchis et plus je me dis que je vais  y aller comme tous les jours, pas plus préparée, maquillée que d'habitude, pas ma nature de toute façon! Faut que je sois à l'aise, sinon je ne garantis rien.

Entre le fait qu'immanquablement mon maquillage va couler, que je vais me frotter les yeux parce que ça va me piquer, que nerveusement je vais me passer cent fois les mains dans les cheveux, que je vais me bouffer les lèvres comme toujours, que je ne vais pas tenir en place deux minutes, que je vais avoir hyper chaud, la tremblote et autant de conversation qu'un poisson rouge, ouhlàlà je vais ressembler à quoi?...

Bin j'aurais les cheveux gras à force, le rimmel sur les paupières, la lèvre supérieure en sang, des auréoles sous les aisselles et l'air pas du tout stressée, non non pas du tout!...

Si avec ça les pauvres lecteurs osent m'approcher et moi leur bafouiller que je ne sais même plus le titre de mon bouquin ni de quoi il est fait, non non je ne me mets pas la pression... Je me prépare, c'est tout...


Par Qu'importe - Publié dans : billets d'humeur - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 23:18

 

Lequel de nous est le plus à plaindre? Lequel de nous deux de sa teinte orangé a le plus eu à en pâtir? Lequel de nous aura disparu avant l'autre?

4316656975_ca7c8ea441.jpgNous sommes mon pauvre ami de cette race qui ploie sous le joug du rouge sang, nous sommes de ses tristes héros involontaires, des victimes. Le sourire est las, le geste félin, le grognement sourd, l'on serre les dents tout deux de la même façon...

Nos belles robes s'empourprent de la même couleur, celle des plus forts, celle des vainqueurs, celle des envahisseurs...

Nos philosophies sont proches, l'ancestral astre au-dessus de nos têtes ne brille pas pour tout le monde pareil semble-t-il?...

Je ne me souviens plus de ses courses folles dans les steppes lointaines de mon Oural, te souviens-tu toi de tes prières lançées aux quatres vents?

Je n'ai plus le goût de la liberté, elle est trop chère à présent, tout comme toi je suis une espèce en voie d'extinction, d'éradiquation, de disparition et d'oubli... Qu'y a-t-il de pire que l'oubli?

Je sais que toi tu as une foi inébranlable dans tes semblables, les miens ne sont plus, ou si peu! On ne les voit plus que derrière des vitres ou des barreaux, quelle a été leur faute?...

La même que la tienne, que la mienne, juste exister...

Dans un monde qui ne nous veut plus, que l'on ne comprend plus, qui se refuse à nous connaitre autre part que derrière ses maudits grillages!

Prends garde mon ami, bientôt ce sera toi que l'on regardera à travers une vitrine comme un animal curieux, comme une espèce en voie de disparition...

Le Tibet n'est plus une terre de prière, de recueillement, de paix, le rouge se répand comme une trainée de poudre, et bientôt on n'en sentira l'odeur, mon ami et ce jour là, je retrouverais mes instincts qui ne sont pas les tiens, je me défendrais avec les armes qui sont les miennes, tu prieras en souriant, tu attendras une fin que tu sais se répète sans fin, peut-être alors deviendras-tu un de mes semblables? Et moi deviendrais-je toi? Avoue ami humain ce serait drôle!... Enfin!...Peut-être?!!!

Par Qu'importe - Publié dans : Les Défis gourmands des Croqueurs - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Partager

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés