Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nez à nez avec le passé...Enfin la fin...Presque! suite de Lenaïg

 

 

femme tatouée

En quelques mots, il avait réussi à la dégriser, elle déglutit bruyamment, il eut un petit sourire puis vint s'installer juste en face d'elle, poussant les verres pour pouvoir s'assoir à même la table basse.

-"Vois-tu Nadine, si j'en crois les dires de Sophie, tu es coupable..." Il attendait une réaction qui tardait à venir, il reprit."Contrairement à elle, tu ne cherche pas à te disculper, tu cherche même pas à fuir, tu ne l'accuse pas non plus! C'est tout à ton honneur! Moi à ta place j'enragerais!"

Si elle affichait une bien médiocre maîtrise d'elle-même à l'intérieur ça bouillonnait, ça fusait à la limite de l'éruption. Elle plissa légèrement les paupières, fermait ses poings, pas si loin de l'explosion envers lui, envers elle surtout de s'être méprise autant, de ses mauvais choix...

-"C'est un peu tard disons!"

Elle trouvait le courage de lui répondre sans que sa voix ne la trahisse, juste un peu plus rauque que d'habitude, juste un peu... La pilule était amère et le médecin qui l'admistrait pas très compréhensif, il la fixait essayant de rentrer dans son esprit, savoir si elle était prête à l'aider.

-"Crois-tu qu'il soit si tard que ça Nadine? Crois tu que pour moi le temps a la même valeur? Crois tu que j'ai fait tout ça pour m'arrêter là? Crois tu que les mois d'hôpital n'ont pas un coût? Crois tu vraiment que je vais laisser la coupable s'en tirer? Tu me prends pour qui Nadine?"

Sentencieux et parfaitement calme, il ne la quittait pas des yeux guettant chez elle le moment clé où il pourrait lui soumettre son idée.

Nadine ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir, où il voulait l'emmener, vers quel cheminement de pensée il la poussait.

-"Je comprends pas ce que tu veux de moi?"

Nadine n'était pas le genre de femme à tourner autour du pot, franche et directe, elle n'aimait guère les conspirateurs, les faux-fuyants et surtout les faux-jetons comme Sophie.

-"J'ai réflêchis, tu me diras que je n'avais que ça à faire et je te répondrais que oui! Oui, j'ai tourné l'affaire dans tous les sens, j'ai enquêté, beaucoup! J'ai fais un énorme travail de recoupement, j'ai retrouvé une bonne partie des pièces du puzzle, je l'ai reconstitué et tu n'apparais pas dedans. Je sais que tu n'as rien à voir avec mon accident, je l'ai compris au diner de Sophie, je l'ai découverte pleine d'amertume, d'aigreur, monstrueuse de haine envers toi et tout ce que tu représente à ses yeux, j'ai eu pitié d'elle tellement sa vision est déformée, tellement sa jalousie l'a rendue hideuse à l'intérieur! A cet instant j'ai même pensé reculer, je te l'avoue! Elle s'est punie elle-même en devenant ce qu'elle ne voulait surtout ne jamais devenir, toi... en bien pire!"

-"Ca veut dire quoi? Qu'est-ce que je suis donc? Vas-y dis le!"

Elle redevenait elle même, ses sous-entendus blessants la faisait remonter à la surface.

-"Pour moi, tu es toujours Nadine, celle qui m'a fait souffrir mille-morts en s'affichant avec d'autres, celle qui me snobait, celle qui était peut-être trop brillante pour moi, celle sur qui tout les regards se posaient, celle qui éclipsait toutes les autres. Et ça, Sophie ne te l'a jamais pardonné, Sophie ton faire-valoir, Sophie ton porte-sac, Sophie ton défouloir..."

-"Si ça ne lui convenait pas, expliques moi pourquoi elle est restée alors?"

-"Je vais pas te l'apprendre tout de même! Il y a celles qui attirent et celles qui retiennent! Toi tu n'as jamais su garder un homme! trop capricieuse, trop infernale, trop égoïste aussi! Sophie récoltait tes miettes, ramassant les débris et ça lui suffisait jusqu'au jour où elle a jeté son dévolu sur moi, comme les autres j'étais attiré par toi, et elle croyait pouvoir me récupérer à l'instant ou tu me quitterais, hélas je ne t'intéressais pas, comment faire alors pour m'avoir? Elle a tout essayé sans succès, alors puisqu'elle ne pouvait m'avoir, personne ne m'aurait! Voilà pourquoi dans son esprit il devenait nécessaire de m'éliminer! Et de ce jour elle t'en a voulu d'avoir dù le faire!"

-"C'est une malade?!!!"

-"Si on veut! Elle n'a jamais récidivé enfin je crois pas."

-"Mais pourquoi m'a-t-elle accusée? Qu'elle soit malade de jalousie, je peux encore assimilé, mais pourquoi te raconter de tels bobards?"

-"Elle se venge, pendant des années elle a eu le poids de mon accident sur les épaules, elle t'a eue toi en face d'elle des années durant lui rappelant sans cesse son infériorité, cette fameuse soirée, oui elle se venge de toi. Elle veut que je t'élimine comme elle a fait jadis avec moi, d'une pierre deux coups, disculpée aux yeux du monde, toi seule coupable et moi en taule, plutôt bien vu, non?"

-"Oh mon dieu, mon dieu, mais c'est un monstre!"

-"Comment crois-tu que j'ai eu ton adresse? Ton E-mail? Ton emploi du temps?"

D'un coup lui revenait le fait qu'elle ne l'avait absolument pas dissuadée d'aller à ce rendez-vous, qu'elle ne l'avait pas mise en garde comme à son habitude, qu'elle se montrait discrète ce soir, aucun coup de téléphone convenu pour savoir si tout allait bien, vrai qu'elle était machiavélique!

Nadine tombait de haut et aucune branche pour se rattraper, elle chutait, chutait sans fin, la nausée arrivait accompagnée par son ami vertige, pas bien d'un coup, pas bien du tout.

Thomas la vit palir, ses yeux chavirer, il la fit se coucher sur le canapé les jambes relevées sur l'accoudoir, courut chercher un gant humide qui lui colla sans tendresse sur le front. Elle revenait doucement à elle, dans quel cauchemar se trouvait elle? Quand allait-il prendre fin?

-"Tu vas m'écouter tranquillement, le temps nous est compté, elle pense que c'est pour ce soir, alors on va l'exaucer! Tu vas faire ce que je te dis, tu vas pouvoir postuler aux césars de la meilleure actrice après cette nuit! Tu vas prendre ton téléphone, tu vas hurler, tu vas pleurer, tu vas bégayer, tu vas jouer le rôle de la pauvre fille qui s'est fait agresser violemment, tu vas lui dire entre deux sanglots que tu t'es défendue, que je suis tombé contre le coin du meuble là et que je ne bouges plus! Que tu ne sais pas si je suis mort, que tu as peur, qu'elle est la seule personne à pouvoir t'aider! t'as compris?"

Nadine hochait la tête à chaque ponctuation, puis il l'aida à se redresser, lui tendit son téléphone.

-"A toi maintenant!"

-"Qu'est-ce que tu vas lui faire?"

-"C'est pas ton affaire! Vas-y!"

-"Tu vas pas la tuer quand même?"

-"Appelles la!"

Péremptoire et sans appel, Thomas se raidissait, Nadine se répandait comme un flan trop vite démoulé, elle se mit à pleurer en regardant son portable, l'image représentant son interlocutrice s'affichait et elle pleurait.


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Lenaïg Boudig 10/08/2011 19:09



Oups, hi hi, le lien était déjà mis ! Je poursuis ...



Lenaïg Boudig 10/08/2011 19:07



Ouf, me voici ! Quoi, aucun commentaire ? Pourtant, quelle belle maîtrise de l'intrigue tu as, et le suspense que tu entretiens, jusqu'au bout, est magnifique !


J'ai envie de faire ma malicieuse et écrire que je ne déteste pas les conspirateurs, au contraire je trouve excitant d'en être, mais seulement pour une bonne cause ! Mais je déteste les
faux-fuyants !


 


C'est toi qui vois les lecteurs que tu as, mais tu mérites leur intérêt, crois-moi !


Je prends le lien et je l'ajoute à mon récapitulatif, gros bisous !


 



Qu'importe 10/08/2011 22:47



Je vais être très honnête, c'est pas la foule des grands soirs mais je suis contente de mes lecteurs et surtout trices qui sont des habitué(es) et toujours très sympas avec moi (mon
égo en est tout enflé!). Je constate que tu affectionne particulièrement Nadine, hahahaha


Merci pour tes encouragements. Gros bisous itou.