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Nez à nez avec le passé... suite encore de la suite de Lenaïg...

Il enleva sa main récusatrice, Nadine releva son visage vers le sien, elle croisa son regard assombri par la colère.

-"Je ne te rappelle vraiment rien? Tu ne te souviens vraiment pas de moi?"

Elle ne rentrerait plus dans son jeu du chat et de la souris, elle voulait autre chose, il l'avait contacté dans ce sens, enfin l'avait-elle cru au départ, pourquoi ne voulait-il pas profiter de l'aubaine, pourquoi ne voulait-il pas de ses rêgles à elle, pourquoi fallait-il qu'il refroidisse ses ardeurs?

Le passé était le passé, ce qu'ils avaient en commun pour l'instant était tout autre chose, peut-être un joli moment à se souvenir plus tard, certainement quelque chose de plus agréable que ce qu'il cherchait convulsivement à lui rappeler, non, elle ne souhaitait pas autre chose que ses mains sur elle, sa bouche sur sa peau, sa langue contre la sienne, son corps mélangé au sien, voilà ce qu'elle désirait pour l'instant, le temps des réminiscences serait toujours là assez vite!...

-"Ca devient pénible, Nadine! Pénible et très blessant!"

Ses traits se radoucissaient en prononçant ces derniers mots, il eut un geste de tendresse pour elle, allait presque jusqu'à lui toucher la joue puis se ressaisit aussitôt.

 

Sans savoir vraiment, ce passé qu'ils partageaient devait être douloureux pour lui, elle baissait son regard, déposa un baiser sur cette main presque caressante, puis elle y posa sa joue se soustrayant à ses yeux, elle était prête à entendre ce qu'il voulait lui dire, puisqu'elle ne pouvait obtenir l'objet de son désir, puisqu'il lui fallait entendre et accepter, elle s'agenouilla à ses pieds gardant sa main prisonnière entre les siennes.

Elle sentit entre ses doigts les siens se resserrer, ultime crispation avant que les mots ne déferlent, l'inondant en cataracte, elle savait par instinct ou par habitude qu'il devait être de ces hommes qui ne se confient pas, que leurs mots sont toujours lourds parce que pesés cent fois, qu'une fois ouvertes les vannes envoyent leurs flots impétueux ravageant tout sur leurs passages, de ses hommes qui ne parlent qu'une seule fois et qu'il faut savoir écouter, se taire et souvent pleurer au termes de leurs diatribes expiatoires.

-"Il faut que tu saches...Nadine..."

Les mots s'entrechoquaient, se gênaient, ne sachant dans quel ordre ils devaient sortir, elle lui laissait le temps, l'encourageait en lui caressant la main.

 

Il prit une longue inspiration, posa son autre main sur sa chevelure, descendit jusqu'à sa nuque et laissa mourir cette caresse, Nadine sentait la chaleur de sa paume contre son cou, elle ne fit rien pour l'en empêcher, espérant qu'il la laisserait pour quelques minutes encore.

-"Dieu que tu étais belle ce soir-là, je m'en souviens encore comme si c'était hier! On avait convenu de se retrouver en boîte pour fêter dignement notre première année de fac, nos partielles réussies, notre avenir qu'on concevait joli. J'avais suivi les autres comme toujours, le plus timide de la bande, celui que l'on ne remarque pas ou presque, tu vois déjà à l'époque je faisais partie de ton décor et pourtant... Tu brillais comme toujours, tu riais, tu chantais, tu dansais et t'embrassais un autre... comme toujours... Tu avais les cheveux bien plus longs que maintenant, tu étais fraîche et limpide et tu t'abandonnais dans ses bras en riant et moi j'étais à la traîne, j'en crevais Nadine, j'en crevais... Qu'avaient-ils tous de plus que moi? Qu'avaient-ils que je n'avais pas?... Une seule avait remarqué que je crevais d'envie pour toi, oh ce n'était pas de l'amour, non de l'envie, je voulais te posséder, je voulais que tu ris dans mes bras, je voulais que tu m'embrasses comme tu l'as fais ce soir, j'avais envie de toi et que tu n'ai d'yeux que pour moi, que tu te montre cruelle envers les autres comme tu l'étais avec moi, quand on a vingt ans on est pas amoureux, on veut posséder, on veut goûter ce que les autres ont essayé et moi je te voulais. Oui, Sophie, la fidèle Sophie, la pas très belle Sophie, celle qui naviguait dans ton sillage récupérant au passage certains de tes amants se noyant, cette Sophie qui m'avait pris sous son aile consolante, celle qui croyait qu'il suffisait d'ouvrir ses bras pour que je m'y engouffre, celle qui n'a pas supporté que je lui refuse tout ce que je voulais te donner, celle là même qui s'est humiliée devant moi, qui s'est dévoilée, dénudée, offerte et que j'ai refusé."

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Lenaïg Boudig 05/08/2011 11:28



J'arrive, Qu'importe ! La forêt du récit s'intensifie, nous y sommes en plein coeur. Comme Nadine, nous voici dans une clairière qui dévoile une partie du passé, sous l'angle donné par Thomas.
Nadine se rend compte sûrement qu'elle connaissait mal son amie Sophie. C'est à suivre, absolument et je veux te faire une petite pub sur une page de mon blog, dès que je peux. Encore bravo,
bises !



Qu'importe 05/08/2011 11:41



J'avais semé des cailloux pour ne pas me perdre, heureusement parce que là ça devient effectivement très touffu... Merci pour tes encouragements, ils me vont droit au coeur... Comme
le dit si justement M'annette ça tourne au roman cette affaire là, seulement il n'y a aucune construction, ni plan et je navigue à l'aveuglette au risque d'un crash...



m'annette 05/08/2011 10:21



Le roman est en route.....


à suivre...


il y a de la douleur, là-dedans...
bonne continuation, bises



Qu'importe 05/08/2011 10:30



Je crois bien M'annette que tu as raison, au départ il n'y avait qu'un texte, mais le plaisir aidant je m'épanche, je déborde, j'inonde... merci de ta visite.