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Nez à nez avec son passé... suite de Lenaïg

Tout en cherchant dans sa mémoire quelque peu défaillante, Nadine observait son hôte, il venait de verser le champagne dans les coupes, portait à ses lèvres fines le liquide mordoré, soit, il ne lui disait vraiment rien si ce n'est l'indice des photos de classe mais comment avait-elle pu oublier ses yeux là?...

Etrange personnage que celui-ci, énigmatique à souhait jusque dans son regard, vairon il avait un iris bleu et l'autre gris, comment ne pouvait-elle pas l'avoir remarqué?

Elle croisa ses longues jambes, prit entre ses doigts la coupe et la but d'un trait pour se donner le courage qui tout à coup lui manquait.

Devait-elle engager la conversation? Devait-elle lui poser ses fameuses questions lui brulant les lèvres?

Un doute, un gros doute sur ces intentions, un doute que son silence ne faisait qu'amplifier.

Ils s'observaient, se jaugeaient, calculant chacun les forces et les atouts de l'autre. Nadine ne savait plus quoi penser, de l'homme, du lieu, de la raison qui l'avait poussé à répondre par l'affirmative à son E.mail. Le goùt du jeu, le goùt du risque, le plaisir et le frisson de la peur, elle n'avait pas calculé une seule seconde le vrai danger, pas souhaité peut-être?... "ahhh l'aventure!!!" songea-t-elle...

Il reposa son verre sur la table, puis contourna le fauteuil, cherchant délibérément à toujours la forcer à lever le regard sur lui, était-il de ces machos qui aiment à avoir l'emprise? Voulait-il lui montrer par là qu'il était le maître et elle la soumise? A quel jeu la conviait-il? Elle n'était pas de ses souris tremblantes, ses paupières se plissèrent, ses pupilles se dilataient, la proie en était-elle  vraiment une?...

Il posa ses mains à plat sur l'appui du fauteuil juste à côté de son épaule, sans lui montrer l'angoisse commençant à poindre le bout de son nez, elle se décala pour éviter le contact que ses doigts tentaient. D'un coup d'oeil rapide, elle vit qu'il ne portait aucune alliance, juste une énorme chevalière ornée d'un sceau étrange.

La curiosité refaisait surface, elle observait ses mains sans oser relever plus haut son regard, juste ses mains. Fines et soignées, pas des mains de manuel, des mains d'artiste, de musicien peut-être? Manucurées, les veines dénotaient une certaine nervosité, une vivacité qui ne lui déplaisait pas, il s'en dégageait une force fébrile, un frisson lui parcourut l'échine quand il resserra le cuir entre ses doigts, il soupira fortement, presqu'une plainte.

-"Un indice peut-être?"

Sa voix était claire, sans l'ombre d'animosité, il s'amusait d'elle comme un chat le fait d'une souris, l'agaçant, la titillant, la griffant légèrement juste avant de....

Elle s'éclairçit la voix d'un toussotement géné, se rasseyant plus confortablement.

-"Oui, parce que là je patauge."

-"Je m'inquiète pas tu as toujours su nager, surtout en eau trouble!"

Le ton n'avait pas changé, juste un peu plus inquiètant, juste un peu...

Il se déplaçait avec l'aisance d'un félin, aucun bruit, elle ne percevait rien et n'osait le suivre du regard, Nadine regardait son verre vide et pensait bizarrement qu'elle était un peu comme lui, vide et inutile, étranges les pensées que l'on peut avoir dans ses moments là? Personne à qui elle manquerait, personne ne s'inquièterait pour elle, personne... Tous ses gens qu'elle cotoyait n'étaient que des ombres dans sa vie, des passants, des passades comme elle avait toujours voulu qu'ils soient et combien elle regrettait d'un seul coup de n'avoir pu ou su s'attacher quelqu'un ou quelqu'une. Il y avait bien Sophie son amie de toujours, celle qui lui servait de faire-valoir plus jeune, celle qui supportait tout d'elle, ces sautes d'humeur, ces colères, ces sarcasmes, celle qui avait toujours été là pour elle sans aucune contre-partie, son soufre-douleur complaisant, son sous-fifre! Etait-elle vraiment une amie en fait?

-"On se connait donc?"

Elle prit délibérément le ton provocateur qu'elle affectionnait quand elle se sentait acculée, le dos au mur sans aucune porte de sortie, elle était prête à griffer.

-"Disons que tu m'as perdu de vue!"

-"Pourquoi ces photos?"

-"Réfléchis! Je sais bien que l'action est plus dans tes cordes, mais pour une fois sers-toi de ta tête!"

Il commençait à devenir pénible, tout autant que l'atmosphère se dégageant de son intérieur en fait, elle commençait à trouver le lieu comme son habitant, lourd , pesant et très inconfortable.



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Monelle 06/08/2011 18:59



Je vais aller lire la suite.... je reviens !






Qu'importe 06/08/2011 19:08



bonne chance....



jill-bill.over-blog.com 06/08/2011 17:34



Bonsoir Qu'importe, je n'aurais fait mieux !  C'est bien jouée cette suite à deux plumes... Amicalement jill



Qu'importe 06/08/2011 17:49



Merci Jill de ta visite...



Lenaïg Boudig 02/08/2011 09:39







m'annette 01/08/2011 07:53



je viens de chez Lénaïg....


Bon, on tourne toujours autour de l'énigmatique Mr XXXX!!!


Bises



Qu'importe 02/08/2011 02:03



Comme je compte continuer un peu l'aventure, je fais durer le suspense... Mr XXXX a un nom, une histoire pas d'inquiètude... merci m'annette.



Lenaïg Boudig 01/08/2011 00:58



Ah, bravo Qu'importe ! Tu renforces le suspense, l'atmosphère devient lourde d'interrogations et peut-être de menace. Nadine est tenue de s'analyser, elle qui n'avait pas dû le faire souvent et
l'homme semble vraiment bien la connaître. Que signifie cette exigence qu'il a envers elle ?


J'aime beaucoup et je souhaite que ton inspiration poursuive sur sa lancée !


Juste deux détails ne sont pas raccord avec mon texte : chez l'homme, je n'ai pas mis de canapé mais juste deux fauteuils et j'ai posé des flûtes sur la table. Tu changes, ou tu ne changes pas,
comme tu veux et moi cela m'a juste fait rire !  Bravo encore et merci, vraiment !



Qu'importe 02/08/2011 02:01



J'ai remarqué en relisant ton texte pour voir les raccords! Le canapé peut devenir fauteuil sans aucune forme de procès, quand aux flûtes ...flûte!...